Vous n’êtes pas venus au monde pour rester seuls de Eivind Hofstad Evjemo

En lisant la quatrième de couverture, le sujet m’a tout de suite attirée. Le questionnement sur le deuil collectif et familial après un attentat et la perte d’un enfant. Comment continuer à vivre et se reconstruire après l’enfer ? Une lecture aujourd’hui nécessaire. D’après l’éditeur, il devait s’agir d’une « fiction sur l’état de nos sociétés post-attentats ». Et bien je cherche encore le rapport…

L’histoire ne se concentre pas sur la société norvégienne, mais uniquement sur Sella. Sur cette mère qui, de nombreuses années après la mort de son fils adoptif, ne peut surmonter sa perte et vit retranchée dans sa peine, malgré la présence de son mari. Leur relation n’est faite que de non-dits, de phrases inachevées, sans affection. Sella assiste impuissante au deuil de ses voisins qui viennent de perdre leur fille. Elle n’ose pas leur faire part de sa compassion, ni leur dire qu’elle seule peut comprendre ce qui leur arrive.  Par moment c’est limite dérangeant de voir cette femme espionner ces voisins , comme si elle cherchait du réconfort dans la peine des autres. Elle vit tel un zombie qu’on observe, sans pouvoir s’y attacher ni saisir ses pensées. L’auteur ne nous en donne pas les clés.

Cette faculté d’aller de l’avant, de fermer la porte sur les malheurs, je trouve ça admirable. Car l’oubli est peut-être aussi important que le souvenir ».

Je ne peux pas dire que je me suis ennuyée car c’est bien écrit, mais c’est long, lent, sans réel intérêt. Les scènes se déroulent au ralenti, sans que l’on comprenne leur imbrication dans le reste de l’histoire. Ca manque d’un fil conducteur, de liant entre les différentes tranches de vie racontées. L’auteur a voulu aborder beaucoup de thèmes de société, tels que l’autisme, l’adoption, la stérilité, le deuil, le couple et l’individualisme, sans y apporter de réelle réflexion. Il les survole, sans aucune profondeur. Comme si l’auteur disait au lecteur : « je vous pose le sujet-là et vous en faites ce que vous voulez ».

« La mort est un grossier personnage, elle ne frappe pas à la porte, elle pénètre chez vous sans ôter ses chaussures ». 

J’ai donc refermé ce livre en me demandant quel message fallait – il en tirer. Quelques semaines plus tard, je n’ai toujours pas la réponse. Et que dire de ce titre, Vous n’êtes pas venus au monde pour rester seuls, quand le personnage principal est un être terriblement solitaire. Une vraie déception…

Vous n’êtes pas venus au monde pour rester seuls de Eivind Hofstad Evjemo, paru aux éditions Grasset le 30 août 2017

Première sélection pour le Prix Femina des romans étrangers 2017


Une réflexion sur “Vous n’êtes pas venus au monde pour rester seuls de Eivind Hofstad Evjemo

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