De l’ardeur – Histoire de Razan Zaitouneh avocate syrienne de Justine Augier

I will never leave my country – never”. Ces mots emprunts de courage et de fermeté, ont été prononcés par Razan Zaitouneh, avocate syrienne et fervente militante des droits de l’homme, enlevée en 2013 dans son pays sans laisser de traces.  

Femme syrienne, laïque et libre, Razan Zaitouneh refuse de se plier aux dictats du régime de Bachar El-Hassad. En plus de défendre les opposants au régime, elle dénonce et documente les violations des droits de l’homme commises par le régime, avant et pendant la guerre, puis par l’opposition. De fait, elle dérangeait aussi bien le pouvoir en place que les révolutionnaires, son courage et son ardeur la contraignant à une vie secrète, cachée et dont elle préservait ses proches pour ne pas les mettre en danger. Egalement visionnaire, elle est l’une des premières à prédire le soulèvement de la jeunesse syrienne et l’émergence de l’islamisme radical.

C’est une tache extrêmement difficile à laquelle s’est attelée Justine Augier –  raconter la vie de Razan Zaitouneh avec pour seuls supports de recherche et de travail, ses écrits, quelques photos, vidéos et témoignages de proches, beaucoup refusant de parler de peur de s’exposer à des représailles. Sans prétention, l’auteur fait le tri dans ces bribes d’informations qu’elle a recueillies, des goûts musicaux de Razan, à sa façon de s’habiller. Malheureusement, le manque de matière se fait ressentir à la lecture.

Touchée par cette femme hors du commun et la puissance de son engagement, Justine Augier a, semble-t-il, eu beaucoup de difficulté à écrire ce livre. Admirer une personne ne suffit visiblement pas à la saisir et à décrire au plus juste une personnalité aussi complexe que celle de Razan Zaitouneh, l’auteur n’ayant pu l’appréhender qu’à travers le regard des autres.

« Mais je sais maintenant qu’elle a eu la possibilité de partir. Je crois qu’il était hors de question d’accepter que son sort diffère de ces centaines de milliers de Syriens pris au piège, hors de question d’accepter un privilège supplémentaire, de détacher son sort de celui du peuple qu’elle a vu se former et se défaire, sauvegarder au moins cette appartenance malgré les tensions et le décalage, en partager le sort ». 

C’est malgré tout ce qu’a tenté de faire l’auteur et c’est tout à son honneur. Mais ses interrogations et réflexions personnelles ne m’ont pas aidée à entrer dans le récit, bien au contraire. Il y a trop de digressions, de retours en arrière, de citations et de descriptions de photos ou de vidéos, sans véritable fil conducteur. Au final, le résultat ressemble plus à une immersion dans la guerre en Syrie, qu’à un véritable portrait de Razan Zaitouneh et c’est bien dommage.

De l’ardeur de Justine Augier, publié aux éditions Actes Sud en Septembre 2017

Prix Renaudot Essai 2017

De l'ardeur


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